C'était le 29 juin 2010. Quelques heures avant une conférence débat sur les retraites, un entretien sur la télé locale TV Tours. Avec un peu de pub pour le dernier bouquin.
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C'était le 29 juin 2010. Quelques heures avant une conférence débat sur les retraites, un entretien sur la télé locale TV Tours. Avec un peu de pub pour le dernier bouquin.
Vous ne connaissez pas Russia Today? Moi non plus, au moins jusqu'à hier (1er juillet 2010). C'est une chaîne russe d'information continue (comme on dit aujourd'hui). Dans leurs programmes, ils ont une émission qui s'appelle Cross Talk. Une invitation et on se retrouve à causer devant personne (en face de soi, un écran renvoyant sa propre image...) pendant 30 mn. Robert Fisk y ayant déjà participé, je me suis dit que c'était sans doute pas le plus pire dans le genre. Si vous êtes prêts à supporter mon anglais approximatif, mon accent sarcellois et mes fautes de grammaire, et si vous vous intéressez au "vieillissement de la population" ("Young forever"), let's go!
Voilà la première partie
Et la seconde
So long...
Pour ceux qui s'intéressent à la question des retraites, le site de La vie des idées vient de mettre en ligne la vidéo d'un entretien qui portait sur les questions suivantes:
L'adresse est la suivante:
http://www.laviedesidees.fr/Une-autre-reforme-des-retraites.html
Si vous êtes chagrinés par le probable départ des Bleus de la coupe du monde, il faut avouer que les images sont moins passionnantes que celles d'un match de foot (quoique, parfois, on a des doutes...).
A tous ceux qui avaient acheté une télé en espérant se la voir rembourser si les Bleus gagnaient la finale - comme de nombreuses pubs le proclamaient - je propose ce nouveau slogan publicitaire: "Si l'équipe de France se ramasse à la Coupe du monde, le gouvernement vous rembourse vos retraites". Normal: ça lui apprendra à organiser un pseudo-débat en pleine coupe du monde de football!
Le dernier film de Delépine et Kervern est un petit bijou, à la fois d'une grande force et d'une immense poésie. Après Louise Michel qui nous entraînait à la poursuite de ces patrons voyous anonymes, les deux compères nous racontent l'histoire d'un homme à la retraite. C'est d'actualité, non? Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur ce film. On ne peut faire moins que de donner un coup de chapeau à Yolande Moreau et Gérard Depardieu, les deux principaux interprètes. L'avant-dernier numéro de Siné-Hebdo (21 avril 2010), dont Delépine et Kervern étaient les rédac'chefs invités, est passionnant. Si vous ne l'avez pas encore, essayez de le dénicher! Ici, on vous livre une lecture du film sous l'angle du travail. Car c'est de cela que parle ce film. Normal. On ne peut pas parler de la retraite sans regarder son envers...
Mammuth : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le travail sans oser…
Envie de tout savoir (ou presque) sur le travail ? Inutile de vous transformer en rat de bibliothèque. Le film de Delépine et Kervern en dit plus long sur le travail que bien des livres. Il suffit de tirer les fils…
Premier fil, celui de la souffrance au travail. Chaque jour, Serge Pilardosse se rend à son boulot, il va à l’abattoir, au propre comme au figuré. A la fin de la journée on le retrouve épuisé, littéralement abattu dans les vestiaires. Lui, Serge Pilardosse, cette force de la nature incarné par Gérard Depardieu, le travail parvient à l’anéantir. Serge est un bon travailleur. « Jamais absent », « jamais malade », « bonnes statistiques ». Normal, Serge est un « damné du travail ».
La souffrance est aussi psychologique. C’est la scène jubilatoire avec le vendeur de supermarché où Serge achète du jambon. Le porc, Serge connaît : c’est dix ans de sa vie à l’abattoir. Remarques subtiles sur la provenance du jambon, sa qualité,…Et bing ! Le vendeur l’envoie paître. « La fierté du travail quand on est payé au Smic ? Faut pas déconner ! ». Dur de découvrir qu’on a mis tout son amour dans le travail, « comme un con ». Tout aussi difficile de mal faire son travail : même exploité, le travail est une partie de soi. Un travail mal fait renvoie une image dévalorisée de soi. Une pression insoutenable qui fait souffrir de plus en plus de salariés soumis à l’injonction des « bonnes statistiques ».
Second fil, la retraite. Serge découvre qu’il est « sans papiers » (merci Miss Ming): il lui manque des bulletins de salaire. Pas étonnant. Il a trimé toute sa vie dans des boulots (salarié agricole, videur dans une discothèque, café-restaurant, fêtes foraines,...) bien souvent payés au black. Et qui emploient de nombreux travailleurs étrangers, comme ces « sans papiers » aujourd’hui en grève. Serge enfourche sa moto et redevient « Mammuth ». Il terminera sa route en djellaba.
Mammuth découvre à la retraite qu’il n’y a pas que le travail exploité, aliéné, abrutissant. Il y a aussi le travail pour soi, toutes ces activités domestiques que l’on fait par nécessité mais avec un peu plus de liberté. Faire les courses, par exemple, avec cette scène désopilante où il s’empêtre au milieu des voitures avec son chariot. Et puis la réparation de la porte des toilettes, qui tourne aussi à la catastrophe. Toute une vie à bosser pour des patrons sans avoir l’énergie ou le temps de le faire un peu pour soi. Et puis il y a surtout toutes ces activités autonomes qu’on accomplit librement, sans nécessité, qui ont une fin en elles-mêmes et donnent sens à la vie. Les activités artistiques, les relations avec les autres,…Mammuth choisit l’amour, un amour que la vie lui a volé à l’adolescence : « mon dernier travail…aimer comme une dernière bataille ». L’amour à mort, jusqu’à la mort. Conclusion : faites la grève, mais faites aussi l’amour !
Le bonheur est dans l’ENA !
Les accros de la croissance n’ont pas de soucis à se faire. On va la ripoliner avec une couche de vert et tout ira bien…jusqu’à la prochaine catastrophe
L’indicateur fétiche de la croissance, le PIB, mesure le volume de tout ce qui est produit chaque année. S’il augmente, tout va bien, c’est le « progrès », du moins selon la pensée économique dominante. La croissance c’est comme les cochons, ça avale tout. La forêt amazonienne reconvertie en meubles exotiques, les usines de dépollution pour réparer les dégâts du productivisme, l’embauche de vigiles et de flics pour rassurer les propriétaires,... La croissance recrache de plus en plus de saloperies et elle épuise les ressources naturelles. Cette croissance-là n’est pas soutenable, on le sait bien.
Sarko, en grand manitou de la récupération, a flairé le coup. Il a demandé au printemps 2008 à une commission « d’experts de haut niveau » de plancher sur de « nouveaux indicateurs de progrès ». Pour aller au chevet d’un indicateur économique, on a pris…des économistes. C’est comme si on demandait à un alcoolo de choisir par quoi remplacer son nectar préféré. La réponse a été mise en catimini sur le site de la commission début juin, pour un simulacre de consultation. Le prérapport d’une centaine de pages est bourré de jargon technique…et il est en anglais. La commission a les moyens de se réunir à New-York (bonjour le bilan carbone !) et d’héberger ses membres dans des hôtels de luxe, mais elle n’a pas un fifrelin pour traduire ses textes en français.
Que propose cette commission ? Elle met en avant un indicateur phare, l’ENA. Rien à voir avec les crânes d’œuf qui squattent les postes de pouvoir. L’ENA, c’est l’épargne nette ajustée, un concept développé par la Banque mondiale. L’idée est simple : si on pioche dans son patrimoine pour consommer, ce n’est pas soutenable. Car au bout d’un moment, le patrimoine s’épuise et on ne peut plus rien consommer. Pour les économistes, patrimoine se dit capital. On en additionne trois pour le calcul de l’ENA. Le capital économique (machines, bâtiments,…), le capital humain (mesuré par les dépenses d’éducation) et le capital écologique (les ressources naturelles diminuées des dégâts liés aux dommages climatiques). Pour additionner ces choux et ces carottes, on leur donne une valeur monétaire (ne vous inquiétez pas, les économistes adorent faire ce genre de choses). Si le total augmente, tout va bien, on est sur la voie royale du développement durable. Sinon, alerte dans les chaumières.
Site de la commission Stiglitz
http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/en/index.htm
Beaucoup plus intéressant (et accessible), les analyses développées sur le même sujet par le collectif FAIR (« Forum pour d'autres indicateurs de richesse ») constitué au moment de la mise en place de la commission Stiglitz.
http://www.idies.org/index.php?category/FAIR
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