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C'était le soir du 1er mai 2002, après la manif. L'envie de gueuler un grand coup. Alors ça
a donné cette version revue du déserteur. J'avais changé le titre, mais ce n'était pas forcément une bonne idée. Sauf si on se projette 5 ans plus tard. Pour le coup, il faut entrer en
résistance. Bref, pour inaugurer la rubrique, ce petit hommage à Boris.
Le résisteur
Bison Ravi (à la manière de)
monsieur le président
je vous fais une lettre
que vous lirez peut-être
si vous avez le temps
dimanche aux élections
j’ai voté pour vot’ pomme
pour faire battre l’autre homme
et faire barrage au Front
je suis allé aux urnes
je l’avoue sans plaisir
permettez moi de dire
ça m’a cassé les burnes
je l’ai fait pour pouvoir
demain avec mon vote
en m’aidant de ma glotte
dire encore « j’en ai marre ! »
cela fait des années
que l’on est dans la mouise
que l’on parle de crise
pourtant rien n’a changé
au dessus des nuages
frimant dans leur carlingue
les nouveaux rois nous flinguent
avec tous leurs péages
même l’air que l’on respire
sera bientôt en vente
faut faire monter la rente
pourvu que l’on soupire
au loin gronde la guerre
avec tous ses carnages
images d’un autre âge
mêlant sang et misère
ce monde n’est pas le mien
et j’entre en résistance
pour donner la cadence
aux enfants de demain
j’irai sur les chemins
j’irai parler au monde
pour préparer la fronde
en chantant ce refrain
assez de beaux discours
monsieur le président
on va serrer les dents
y’aura un troisième tour
dites à vos valets
qui se voient en carrosse
qu’on va lever la crosse
pour aller les chasser
le 1er mai 2002
3ème couplet unisexe
je suis aller voter
je l’avoue sans entrain
j’étais dans le pétrin
cela m’a emmerdé
première version du couplet final…censurée évidemment
dites à vos valets
qui se voient en carrosse
qu’on va lever la crosse
p’têt même qu’on va tirer…qui se promène au salon de l’agriculture. Les images ont fait le tour de la planète, ou presque. Un président de la République qui insulte publiquement un citoyen. Et des hommes politiques qui, en croyant le défendre, dévoilent leur propre turpitude. C’était à l’approche du printemps 2008. Tout cela avait débouché sur ces notes.
Sarkozy : le bras d’honneur permanent
Un appel à la vigilance républicaine a été lancé il y a quelques jours par différentes personnalités dénonçant le risque d’une dérive vers une forme de monarchie élective où le pouvoir serait concentré sur la personne du président de la République(1).
Quelques jours plus tard, ce même président insulte publiquement un citoyen qui refuse de lui serrer la main. La façon dont les proches du président ont essayé de justifier ce qui est par nature injustifiable frôle le pathétique. Deux exemples pitoyables avec Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin.
Devedjian croit ainsi déceler une contradiction entre le premier reproche d’une dérive vers une « monarchie élective » et le second reproche d’un « manque de majesté » dans l’insulte faite par Nicolas Sarkozy au visiteur du salon de l’agriculture. Défense de rigoler devant le télescopage des mots ; il paraît que Devedjian ne peut pas résister à ce genre de pseudo-boutade. On peut lui rappeler que nombre de petits roitelets autocrates sont tout à fait capables de faire preuve de la plus grande vulgarité. Et que, inversement, un simple paysan n’est pas nécessairement un goujat et peut posséder une grande noblesse d’âme.
Le jeu de mots de Devedjian n’est même pas drôle. Il ne fait finalement que souligner en creux les deux défauts critiqués. D’un côté, une concentration excessive des pouvoirs et, de l’autre, le sentiment de pouvoir agir à sa guise, en tous temps et tous lieux, d’une façon prétendument décomplexée. ça fait peuple d’insulter les autres ? Mais alors, quel mépris pour le peuple ! ça faisait, déjà, sans doute peuple d’aller passer les vacances sur le yacht d’un « ami » milliardaire…
Passons à Raffarin. Selon lui, Sarkozy aurait eu « une formule virile ». Ah bon ? Mais alors, il faut d’urgence remplacer Sarkozy par une femme. Ce type de défense où l’on essaye de racheter l’inexcusable en le couvrant d’une métaphore machiste censée évoquer une forme de courage ne fait qu’attiser la triste réalité. A savoir la couardise du président, sa lâcheté à se laisser aller à l’insulte. Cette posture est facile pour quelqu’un qui sait qu’une escouade de gardes du corps est prête à bondir pour ceinturer le premier malheureux qui, en réponse à l’insulte, pourrait se laisser aller à un « geste viril », une petite baffe par exemple.
Au fond, cet épisode est révélateur de l’attitude de Nicolas Sarkozy depuis son arrivée au pouvoir. Sarkozy est dans la transgression permanente. C’est sur cette image de « parler vrai » de « transgresseur des tabous » qu’il a gagné, au moment de l’élection présidentielle de 2007, une partie de l’opinion publique lasse de la langue de bois des hommes politiques. Avec la vulgarité qui le caractérise, cela se transforme aujourd’hui en un bras d’honneur permanent. Dur retour de bâton pour ceux et celles qui ont cru à ses promesses.
(1) Marianne, Vendredi 15 Février 2008
C’est le plus vieux pont transbordeur du monde : il a été inauguré en 1893 et est aujourd’hui inscrit au patrimoine de l’Unesco. Il a été construit par un ingénieur espagnol Alberto de Palacio, et non par l’ingénieur français Ferdinand Arnodin, qui a pourtant construit la moitié des ponts transbordeurs de la planète.
Faute d’aller à Bilbao, on peut aller à Rochefort où on trouve un pont encore en activité (comme à Bilbao). Le pont de Rochefort a servi de décor pour la scène inaugurale du film de Jacques demy (Les demoiselles de Rochefort).
L’intérêt de celui de Bilbao est qu’on peut se promener au-dessus, à plus de 65m de haut avec une belle vue.
C’était à Bilbao. Evidemment, la première chose que l’on
fait quand on est à Bilbao, c’est d’aller au musée Guggenheim. Celui-là, quand on en voit la photo, on ne peut pas s’empêcher de dire : « c’est là que je veux aller ». Et ce qui
est extraordinaire, c’est que c’est encore plus beau en vrai.
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