LES COPAINS D’ABORD

Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /2010 09:23

Le dernier film de Delépine et Kervern est un petit bijou, à la fois d'une grande force et d'une immense poésie. Après Louise Michel qui nous entraînait à la poursuite de ces patrons voyous anonymes, les deux compères nous racontent l'histoire d'un homme à la retraite. C'est d'actualité, non? Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur ce film. On ne peut faire moins que de donner un coup de chapeau à Yolande Moreau et Gérard Depardieu, les deux principaux interprètes. L'avant-dernier numéro de Siné-Hebdo (21 avril 2010), dont Delépine et Kervern étaient les rédac'chefs invités, est passionnant. Si vous ne l'avez pas encore, essayez de le dénicher! Ici, on vous livre une lecture du film sous l'angle du travail. Car c'est de cela que parle ce film. Normal. On ne peut pas parler de la retraite sans regarder son envers...


Mammuth : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le travail sans oser…

Envie de tout savoir (ou presque) sur le travail ? Inutile de vous transformer en rat de bibliothèque. Le film de Delépine et Kervern en dit plus long sur le travail que bien des livres. Il suffit de tirer les fils…

Premier fil, celui de la souffrance au travail. Chaque jour, Serge Pilardosse se rend à son boulot, il va à l’abattoir, au propre comme au figuré. A la fin de la journée on le retrouve épuisé, littéralement abattu dans les vestiaires. Lui, Serge Pilardosse, cette force de la nature incarné par Gérard Depardieu, le travail parvient à l’anéantir. Serge est un bon travailleur. « Jamais absent », « jamais malade », « bonnes statistiques ». Normal, Serge est un « damné du travail ».

La souffrance est aussi psychologique. C’est la scène jubilatoire avec le vendeur de supermarché où Serge achète du jambon. Le porc, Serge connaît : c’est dix ans de sa vie à l’abattoir. Remarques subtiles sur la provenance du jambon, sa qualité,…Et bing ! Le vendeur l’envoie paître. « La fierté du travail quand on est payé au Smic ?  Faut pas déconner ! ». Dur de découvrir qu’on a mis tout son amour dans le travail, « comme un con ». Tout aussi difficile de mal faire son travail : même exploité, le travail est une partie de soi. Un travail mal fait renvoie une image dévalorisée de soi. Une pression insoutenable qui fait souffrir de plus en plus de salariés soumis à l’injonction des « bonnes statistiques ».

Second fil, la retraite. Serge découvre qu’il est « sans papiers » (merci Miss Ming): il lui manque des bulletins de salaire. Pas étonnant. Il a trimé toute sa vie dans des boulots (salarié agricole, videur dans une discothèque, café-restaurant, fêtes foraines,...) bien souvent payés au black. Et qui emploient de nombreux travailleurs étrangers, comme ces « sans papiers » aujourd’hui en grève. Serge enfourche sa moto et redevient « Mammuth ». Il terminera sa route en djellaba.  

Mammuth découvre à la retraite qu’il n’y a pas que le travail exploité, aliéné, abrutissant. Il y a aussi le travail pour soi, toutes ces activités domestiques que l’on fait par nécessité mais avec un peu plus de liberté. Faire les courses, par exemple, avec cette scène désopilante où il s’empêtre au milieu des voitures avec son chariot. Et puis la réparation de la porte des toilettes, qui tourne aussi à la catastrophe. Toute une vie à bosser pour des patrons sans avoir l’énergie ou le temps de le faire un peu pour soi. Et puis il y a surtout toutes ces activités autonomes qu’on accomplit librement, sans nécessité, qui ont une fin en elles-mêmes et donnent sens à la vie. Les activités artistiques, les relations avec les autres,…Mammuth choisit l’amour, un amour que la vie lui a volé à l’adolescence : « mon dernier travail…aimer comme une dernière bataille ». L’amour à mort, jusqu’à la mort. Conclusion : faites la grève, mais faites aussi l’amour !

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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /2008 00:02
Ce lien aurait du figurer dans cette rubrique depuis bien longtemps. Car l'ami Jean Gadrey fait partie de ces cumulards qu'on aime bien. Il cumule en effet un grande culture économique, un immense sens de la pédagogie, une gentillesse ...qui se perd, un humour à toute épreuve (et il en faut de plus en plus) ainsi que la simplicité qui va avec toutes ces qualités. Et j'en oublie sans doute encore. Bref, on ne se lasse pas de le lire, de l'écouter, d'échanger avec lui.  Donc, n'hésitez pas à aller sur son blog. C'est à l'adresse suivante:

Jean Gadrey

Il a écrit aussi plein de choses intéressantes, dont un livre sur les inégalités (Pour en finir avec les inégalités, aux éditions Mango, collection en clair). Par les temps qui courent, ça peut être utile. Tout comme le Repères co-écrit avec Florence Jany-Catrice sur Les nouveaux indicateurs de richesse (éd. La découverte). 

Bonne lecture!


 
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /2008 12:15
A la demande unanime (et surtout insistante) d'une admiratrice-compagne-complice qui m'a fait remarquer que les aveugles ne pouvaient aller au Siné aussi facilement que les autres, voici la version sonore du texte de la chanson réécrite par l'ami Georges (Mercredi on va tous au Siné!). Bon, finalement, je ne suis pas sûr qu'ils y gagnent au change vu l'état de ma voix. Pour les manchots et les muets je ne pense pas qu'il soit nécessaire de prévoir une version spéciale. Mais ça ne vous empêche pas d'en imaginer une.


 
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 09:33

Le site de Michel Husson, décrit par Charles Wyplosz comme un "idéologue inconnu du monde académique se livrant à une critique incompétente" . Quand on a lu quelques articles de Charles Wyplosz, on se demande comment Michel s’est débrouillé pour obtenir une pub aussi élogieuse.  Bon, on peut y puiser plein de ressources utiles et passionnantes pour critiquer et déconstruire les idéologies dominantes. Quand on veut faire une pause, on peut aussi aller écouter un peu de zizique, des vieux scopitones,.... Et il ne faut surtout pas hésiter à fouiner pour découvrir encore plein d’autres choses.

http://hussonet.free.fr/

 
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Dimanche 10 août 2008 7 10 /08 /2008 09:28

Si vous ne connaissez pas encore Michel Buhler, c’est l’occasion d’aller faire une petite découverte sur son site avant d’acheter ses CD, d’aller voir ses spectacles et de devenir, comme tout le monde, un de ses fans. Contre tous les racismes, contre toutes les conneries, avec plein de poésie et d’humour. Un grand de la chanson. Dépêchez-vous, il n’en reste plus beaucoup !  

Le principal intérêt du site c'est d'avoir accès à l'agenda et aux textes des chansons. Au hasard,
Vulgaire ou Il suffit d'être con...


http://www.michelbuhler.com/
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