QUELQU’UN L’A DIT

Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /2008 13:15

« Il faut dire la vérité »... aux Français-allemands-croates-chinois-touaregs-...(rayer la mention inutile). Vous l'avez remarqué, vous aussi. Cette petite sueur froide qui commence à suinter dans le dos quand un homme politique débute sa phrase par ces quelques petits mots. Style « moi, j'ai le courage de le dire. » Dans le genre, Sarkozy en fait des tonnes. Il en fait tellement trop qu'il n'est plus crédible. C'est son problème. Il nous reste la petite sueur froide. Putain, qu'est-ce qui va encore nous tomber sur la gueule !

Car  quand un homme de pouvoir commence sa phrase en annonçant qu'il faut « dire la vérité », c'est toujours pour annoncer des mauvaises nouvelles. Enfin des mauvaises nouvelles pour les pauvres, et ceux qui ne peuvent vivre qu'en bossant, les travailleurs. Comme aujourd'hui c'est pareil, on peut faire raccourci et dire pauvres, tout simplement. A ceux-là,  donc, on leur dit : « il va y avoir plus de chômage ». Ou : « avec la crise, le pouvoir d'achat va en prendre un coup ». Déjà qu'ils ont du mal à joindre les deux bouts.

Remarquez, c'est pas des mauvaises nouvelles pour les patrons qui, avec encore davantage de chômage, vont pouvoir mettre un petit coup de pression en plus sur leurs salariés pour leur faire suer le burnous. La règle d'or : surtout, ne pas inquiéter les patrons. C'est fragile un patron. Ça s'effarouche, ça prend la mouche. Ça peut nous faire un caprice de délocalisation. Faut faire attention avec les patrons...

A trop entendre la vérité, un esprit mal élevé pourrait en conclure que quand le même  nous promet la lune, en campagne électorale, il ment, forcément. Il ne dit pas la vérité. Puisque la vérité c'est TOUJOURS désagréable à entendre. On revient à la vérité du jour.

Que nous dit « l'idiot en colère » (Sha Keqi, comme le surnomment les Chinois). La crise, c'est une histoire de voyous. Il faut moraliser le capitalisme. Eh, oh, tu nous prends pour des billes ou quoi ? Tout le monde annonçait que cette crise allait nous tomber sur le coin de la figure et toi, président, tu fais semblant de la découvrir, comme si c'était une catastrophe naturelle ? Une sorte de braquage de banque qu'aurait mal tourné pour les pauvres ? Ben voyons ! En substance, Sha KeQi nous dit en effet: « Voyez-vous, il y a toujours eu des voyous. Cette fois-ci, l'Etat ne se laissera pas faire car l'Etat c'est vous. Je ne parle plus de racaille ni de karcher (marque déposée etc.).  Car on me l'a trop souvent reproché. Mais promis, craché, juré : ça ne se reproduira plus. On va moraliser. Vous pouvez compter sur moi ».

Dis-donc toto, où c'est que tu l'as apprise l'histoire ? Avec Darcos ? C'est sûr, ça doit être craignos. Un mec qui ne sait même pas faire une règle de trois. Car la crise d'aujourd'hui, figure-toi, c'est tout comme pareil celle de 29 (1929). Y'a qu'à ouvrir un manuel pour le comprendre. Mais, évidemment, ton pouvoir ne tient que par la peur. Alors il faut faire peur. Il faut « dire la vérité », c'est-à-dire effrayer, inquiéter, insinuer, déstabiliser. Bref, il faut emmerder le peuple. Il vaut mieux faire peur, c'est sur. La peur est mauvaise conseillère. C'est tout bon pour les amis de Seillière. On peut faire passer n'importe quoi dans un moment de peur ou de panique. Y'a qu'à voir l'histoire des tours et de la guerre en Irak. Apathie, le fidèle larbin de Sha KeQi, l'a bien compris. La crise financière, Apathie nous la joue catastrophe terroriste. Un « 11 septembre économique ». Rien que ça ! Ach, la peur, la grosse bête immonde. Oui, vraiment : immonde.


Par pierrôt - Publié dans : QUELQU’UN L’A DIT
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Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /2008 07:35
...car il n'y a aucune raison de faire de ces difficultés des emmerdements.

Voilà ce que je me dis quand le moral commence à fléchir, à force de voir le monde s'écrouler pour des conneries.  

Prenons un exemple. Il n'est pas possible de vivre sur cette terre sans travailler un minimum, ne serait-ce que pour subvenir à ses besoins vitaux. En termes savants, certains disent que le travail est une nécessité anthropologique. Admettons. Mais il n'y a aucune raison de travailler de plus en plus.  "Travailler un minimum", c'est une difficulté. "Travailler un maximum", c'est un emmerdement. Pigé ? Tout l'art de vivre consiste précisément à subvertir les difficultés nécessaires pour en faire sinon un agrément, du moins quelque chose qui y ressemble le plus possible et qui  soit le plus léger à porter. Il n'y a, fondamentalement, aucune raison pour que le travail soit profondément emmerdant ou destructeur. Ne parlons pas du travail qui tue, au sens figuré comme au sens propre. Ok, c'est pas le chemin pris depuis pas mal de temps. Mais...il n'y a aucune raison etc.
Par pierrôt - Publié dans : QUELQU’UN L’A DIT
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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /2008 14:45
C'est dans la rubrique quelqu'un l'a dit, mais ce n'est pas une citation. C'est la réponse à une question. Pour une fois on se passera de commentaire, mais il faut donner quelques éléments de contexte. C'était dans un café, un matin, près de la Maison des Sciences de l'Homme (MSH), boulevard Raspail (avant le prochain déluge-déménagement...), dans le café du même nom (merci au patron qui m'a permis de l'emprunter pour le photocopier). Un petit texte posé sur un pilier du bar (et non sur un pilier de bar, c'était pas encore  vraiment l'heure). La réponse d'un étudiant de chimie à une question bonus.

Le commentaire du texte a nourri deux discussions dans l'assistance matinale. Premièrement, est-ce une anecdote véridique ? Vous pourrez en juger après avoir lu le texte, mais je pense que oui. Il serait trop long d'expliquer pourquoi. De toute façon, c'est d'un intérêt secondaire. Même si la question n'a pas été vraiment posée, la réponse est trop belle.

Deuxièmement, faut-il vraiment en conclure à l'existence de Dieu ? Pour les esprits agnostiques que cette conclusion chagrine, on fera remarquer que cette conclusion découle du postulat de base contenu dans la question et selon lequel il pourrait exister un enfer. Donc rien n'est perdu.

Sur ce, bonne lecture...


Voici, donc, la version d'une question « bonus » de chimie posée à l'université de Nanterre. La réponse d'un étudiant a été si loufoque que le professeur l'a partagée avec ses collègues.

Question : l'enfer est-il exothermique (évacue la chaleur) ou endothermique (absorbe la chaleur).

Réponse d'un étudiant

Nous avons besoin de connaître comment varie la masse de l'enfer avec le temps.

Nous avons besoin de connaître à quel taux les âmes entrent et sortent de l'enfer.

Nous pouvons assumer sans risque qu'une fois entrées en enfer, les âmes n'en ressortiront plus. Du coup, aucune âme ne sort.

De même pour le calcul du nombre d'entrées des âmes en enfer, nous devons regarder le fonctionnement des différentes religions.

La plupart des religions affirment que si vous n'êtes pas membre de leur religion, vous irez en enfer. Comme il existe plus d'une religion exprimant cette règle, et comme les gens n'appartiennent pas à plus d'une religion, nous pouvons projeter que toutes les âmes vont en enfer.

Maintenant, regardons la vitesse de changement de volume de l'enfer parce que la Loi de Boyle spécifie que « pour que la pression et la température restent identiques en enfer, le volume de l'enfer doit se dilater proportionnellement à l'entrée des âmes ». Par conséquent, cela donne deux possibilités :

1/ Si l'enfer se dilate à une vitesse moindre que l'entrée des âmes, alors la température et la pression augmenteront indéfiniment jusqu'à ce que l'enfer éclate.
2/ Si l'enfer se dilate à une vitesse supérieure à la vitesse d'entrée des âmes en enfer, alors la température diminuera jusqu'à ce que l'enfer gèle.

Si nous acceptons le postulat de ma camarade Jessica m'ayant affirmé durant ma première année d'étudiant « il gèlera en enfer avant que je couche avec toi », et en tenant compte que j'ai couché avec elle la nuit dernière, alors l'hypothèse doit être vraie. Ainsi, je suis sûr que l'enfer est exothermique et a déjà gelé. Le corollaire de cette théorie, c'est que comme l'enfer est gelé, il n'accepte plus aucune âme et du coup qu'il n'existe plus, laissant seul le paradis, et prouvant l'existence d'un Etre divin, ce qui explique pourquoi, la nuit dernière, Jessica n'arrêtait pas de crier « Oh...mon Dieu !... ».






Par pierrôt - Publié dans : QUELQU’UN L’A DIT
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Lundi 25 août 2008 1 25 /08 /2008 08:25

Cette citation est extraite du livre de Joseph Roth, Les fausses mesures. Elle est suivie d’un court commentaire du « vérificateur suprême ».

« Tes poids sont tous faux et pourtant justes. Nous n’allons pas noter ton nom. Nous tenons tes poids pour bons. Je suis le vérificateur suprême ».

On peut débobiner beaucoup de fils de cette phrase. Par exemple. L’important ce n’est pas l’instrument de mesure, qui est toujours « faux », imparfait dans le monde réel. Notre représentation du monde reste nécessairement inachevée. L’important, donc, c’est de disposer d’une lecture du monde qui soit juste. Qui appréhende à sa juste valeur (précisément) les choses et les ordonne de façon cohérente, qui fasse sens, qui aide à comprendre le chemin parcouru et à dessiner celui qu’il faut prendre pour arriver « à bon port ».

Voilà  une « lecture » possible de cette phrase. Les statisticiens pourraient sans doute utilement la méditer, eux qui font profession de mesurer les choses (et parfois, ce faisant, les êtres). Elle souligne qu’il est inutile de courir après l’illusion d’une « bonne » mesure. L’important, c’est de disposer d’une lecture du monde qui soit la plus juste possible…même si elle est un peu fausse. 
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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /2008 17:50

Ce billet aurait pu figurer dans la rubrique En avant la zizique. Mais, après tout, les musiciens ont aussi le droit de dire des choses, non ?. Même s’ils ne s’expriment pas de la même façon que les autres êtres humains.

Donc, voici un morceau-citation extrait du disque réalisé par Antoine Hervé il y a quelques années. Inside, c’est le titre du CD. Le piano solo, c’est un exercice difficile. Et Antoine s’en était plutôt bien sorti à l’époque. C’est fou ce qu’on peut faire dire à un piano quand on a du talent (écouter Rainfalls par exemple).

Les fumeurs invétérés (ou même les repentis) apprécieront Smoke. Les nostalgiques des sorties d’école dégusteront leur madeleine sur l’air des Pensionnaires. Ceux qui ont toujours argumenté sur le fait que le piano était un instrument de percussion trouveront (probablement) matière à conforter leur point de vue. On leur laisse le plaisir de la découverte. Il y en a pour tous les goûts. A partir du moment où on aime la musique… 
Par pierrôt - Publié dans : QUELQU’UN L’A DIT
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